Daphné BITCHATCH

dbitchatch@orange.fr




Ismaïla Samba Traoré : Ecrivain/ Editeur à Bamako - Mali
Le Guide des artistes plasticiens du Mali/ Ed : Acte Sept

Lire le texte de Traoré et autre images



Daphné Bitchatch conduit un travail de création artistique, politique et poétique simultanément au Mali, en France, au Bénin... Une peinture en voyage, à l'écoute du fleuve, du chemin qui chemine, de la vie, des rencontres... Depuis 1987, elle réalise des peintures et installations en Hollande, en Allemagne, au Bénin, en France, en Afrique du Sud, au Mali, en Azerbaïdjan, en Lituanie, en Russie bref, de par "Le tout monde" comme l'écrit Edouard Glissant.

En résidence à Ségou Coura au Mali, où elle séjourne régulièrement pour y peindre et y écrire, elle a choisi d'expérimenter les matériaux locaux, l'argile du fleuve, les plantes tinctoriales. À Cotonou lors du Festival "Les artistes dans la rue" de Boulev'art, elle y peint les V.O.N.S, désignées Voies Orientées Nord Sud, ruelles en latérite, sans nom ni numéro. Pendant une quinzaine de jours elle y travaillera dans la rue avec des plasticiens du Togo, du Cameroun, Burkina Faso, Côté d'Ivoire, Brésil, Espagne etc., invités par dominique Zinkpé ( Plasticien) et Elise Daubelcour ( Commissaire d’expositions), ils débattront avec leurs expressions diverses " Contre la pollution ". Ils travailleront au cœur de la ville, avec la poussière de la ville, les ocres et tous matériaux de récupération. De grandes toiles étaient déroulées sur l'asphalte, les V.O.N.S comme des chemins de peinture, j'ai senti parfois que peindre délimite le territoire entre le dehors et le dedans. Il n'y avait pas de scénographie sinon celle du quotidien de la rue. La peinture ne s'expose pas sur des cimaises sur cette place de l'Etoile Rouge à Cotonou, mais s'improvise là où vous trouvez à tracer votre espace directement sur une dynamique du présent.

S'entendre sur nos différences

A Tswane en Afrique du Sud, elle intervient dans une classe avec des enfants de CM1 et CM2. A Hambourg en Allemagne, dans le cadre du Festival "Wir Sind Woanders/ Nous sommes ailleurs ", dans la galerie Projekthaus de Giulia Folina, elle crée une "Zone de Transit" proposant un travail de dessins transférés sur film plastique, y mêlant des photos d'actualités, de guerres, d'exil, un travail de transfert et de mémoire avec des témoignages provenant des camps de concentration, le tout sur les mots d'Abdellah Karroum ( critique d'art et commissaire d'exposition) " A présent il s'agit de trouver un langage commun pour s'entendre sur nos différences " (Extrait du Catalogue Biennale de Dakar).

Elle appuie en parallèle depuis 2008 les activités d'encouragement à la lecture au Mali à travers la création d'un Fonds d'Art, de poésie et de littérature d'expression universelle auprès de la bibliothèque de lecture publique de Ségou située au Centre Malik Coulibaly. Avec Pierre Djiré, le bibliothécaire de Ségou, ils y proposent des événements ouverts au public, cinéma (Afrique du Sud (William Kentridge), France (Sophie Comtet Kouyaté), New York (Valentina Canavesio), des débats avec les étudiants et élèves de Ségou et les écrivains vivant au Mali (Ousmane Diarra, Dr Mamadou Fanta Simaga…) etc…

Elle contribue également à la revue "Cassandre-Horschamp" et à la revue "Le Croquant" en proposant la publication d'entretiens réalisés avec des écrivains travaillant et vivant au Mali et en d'autres pays d'Afrique, tentant ainsi de construire une passerelle, de mots, d'images, de vies, d'idées, passerelle indispensable à l'évolution de l'art, et à la communication entre les humains.




Projet d'exposition "Dérives
Installation Daphné Bitchatch


D'images historiques et politiques, d'écritures lues, poétiques, ré imager une mémoire récente, d'allers- retours, d'arrêts et de ruptures, couper, des images, des mots, assembler des notes, de l'inattendu…











Cette installation proposée à travers le monde : Mali, Bénin, Lituanie, Ouzbékistan, Allemagne, France, se saisit de la dimension subversive de l'image. Elle percute en les assemblant les images reçues, renvoyant autant à des rafales de guerres que de mutations d'espaces, de paradoxes humains. Il s'est agi de mettre en relation des éléments photographiques en cherchant à déceler dans leurs associations un sens, une signification de liens. De radiographies-fenêtres fait irruption une foule de passants, qui elle-même se mêle à une prise d'otages, à des objets de prisonniers d'un camp de goulag. Montage d'éléments apparaissant hétérogènes mais se répondant à travers les siècles ou lieux semblant les séparer. Comme un puzzle détourné au-delà du sens de l'image, étoffe d'images de différentes provenances, cette iconographie pose d'autres plans, d'autres liens de l'image à l'homme. Un assemblage qui suscite un effet d'étrangeté, un laboratoire, un cabinet de radiographie Ce monde d'images au pouvoir de résonner dans nos inconscients nous hante de ses fantômes. Sortira peut-être de ces liens une vérité, une écriture, pour d'autres d'imaginaires. Le titre même de l'exposition change selon les lieux. Y seront insérées via transfert et reconstitution, une objectivité historique, un inventaire, des renseignements, des comparaisons, une sélection, des interprétations, des liens, chacun pourra y composer son poème, en associant ou dissociant les éléments proposés, sur ces films plastiques transparent, dont les pièces sont composées de photos, de phrases et fragments d'écriture, ainsi que d'autres éléments, personnels ou non, provenant de différents voyages et lectures. Répétition, transfert explicites ou implicites, tout revient comme d'une même matrice, d'un obstacle, d'une mémoire ancienne, pourvue d'une séparation se rapprochant de l'arrachement, nous amenant à un retrait du monde, de l'écoute à l'autre, un enfermement.


Les liens créés et proposés à travers ces transferts imaginaires s'adressent à une prise de conscience, un savoir, un vouloir arrêter tout cela, en n'oubliant jamais de regarder ce qu'il s'est déjà passé. Pour ne pas ignorer ce passé, ni le bannir, mais le reconnaitre, en impliquant notre responsabilité et notre participation à cet immobilisme de la relation à l'autre. L'art répondrait aussi de ce concept, de ce mouvement à double sens, appelant à l'échange, appelant l'autre tout autant que soi-même.
Daphné Bitchatch









Avec les peintures de Nina Shapkina


Exhibition Project "Dérives"

Installation Daphne Bitchatch (Derivations)
Historic images, illustration of politics, writing being read, poetic reinvention of a recent memory, to and fro trips, halts and ruptures, cuts, more pictures, words, assemblage of notes, unexpected occurrences, and waiting…


Historic images, illustration of politics, writing being read, poetic reinvention of a recent memory, to and fro trips, halts and ruptures, cuts, more pictures, words, assemblage of notes, unexpected occurrences, and waiting…

This installation, already presented in different parts of the world: Mali, Benin, Lithuania, Germany, Russia & France, deals with the subversive dimension of an image. It has its impact by assembling images gathered from different realms, only to send back gusts of war, to return transformed spaces, to confront with human paradoxes. The underlying idea is to put in relation photographic elements and thus to reveal a sense behind their associations, a correlated meaning. A crowd of passers-by penetrates radiography windows, only to become entangled in a hostage situation or then get connected to objects of former Gulag camp prisoners. An assembly of apparently heterogeneous elements capable of responding to each other over centuries and across distant places, much like a puzzle, which has been deflected beyond the sense of its own image, the material for its images stemming from different origins. This iconography presents other options, other links of images to the observer. Through its image layers, it arouses an effect of strangeness, a laboratory, a cabinet of radiographies. This world of images with the capacity to echo within our unconscious haunts us with its ghosts. Perhaps a certain truth will proceed from these links, a form of writing - for others remain imagination. The title of the exhibition changes according to the locations. With each new setting and based on the process of transcription and reconstruction, a distinct historic reference, a specific selection, fixture or component is included, scraps of information, comparisons, interpretations are inserted into the work. Everyone is left to compose their own poem by associating or dissociating the proposed elements found on these transparent plastic films, which consist of photos, phrases and fragments of writing. They also encompass various other elements, some personal, some not, resulting from travel and reading. Explicit or implicit repetitions, transfers, everything comes back as from the same matrix, from obstacles, from an ancient memory, with a separation getting closer to tearing up, bringing us to a retreat of the world, from listening to each other, a confinement. The correlations created and proposed by these imaginary deferrals appeal to a kind of raising of consciousness, a knowledge, a will to stop all of this, while always bearing in mind what has already happened. To determinedly not ignore the past, nor banish it, but to recognize it, by incorporating our responsibility and our participation to confront this inertia found in relations, this unwillingness to progress from one idea to one another. Perhaps art also stands for such a concept or movement in a double sense, prompting exchange, addressing the other just as much as addressing oneself.
Translation from French text of Daphne Bitchatch : Barbara Lang.





DérivesA9-4.jp






Avec les photos de Christina Sebastiani


Daphné Bitchatch Atelier Paris
Vidéo : Aliocha






A3 Gallery Moscow Painting exhibition:
With Nina Shapkina Video : Maxim Festov