
Ma démarche artistique repose sur la recherche d’analogies entre mes réflexions sur des
sujets humanistes et des phénomènes de sciences physiques. Par exemple, je souhaite
partager ma réflexion sur les bienfaits et les défauts de la contestation. Je me mets alors en
quête d’un phénomène de science physique qui me permettra d’introduire mon propos.
Une fois le sujet cerné, j’utilise toutes mes connaissances d’ingénieur et de photographe
pour réaliser mon oeuvre avec astuce mais toujours sans aucun trucage.
Bien souvent, l’oeuvre créée me sert d’outil pour approfondir ma réflexion. La transdisciplinarité
ne pourrait-elle pas être une méthode d’accès aux vérités cachées ? En effet,
qui n’a pas connu une longue période de réflexion qui n’aboutissait pas ? Après quelques
jours, au cours d’un moment inattendu, au réveil où à l’endormissement notamment, la
solution se présente spontanément dans notre esprit. Première hypothèse : notre réflexion
continue peut-être d’une manière inconsciente pendant ces quelques jours. Dans ce cas,
nous sommes obligés de laisser faire l’oeuvre du temps. Deuxième hypothèse, notre réflexion
était probablement aboutie mais une barrière inconsciente nous empêchait de formuler la
solution. Il fallait donc attendre quelques jours que notre esprit ne soit plus focalisé sur le
problème pour que jaillisse la solution qui dépassait notre entendement.
Pour ma part, j’utilise la transdisciplinarité comme une manière de contourner le blocage
associée à la deuxième hypothèse. En effet la solution peut violer certaines de nos certitudes
conscientes. On peut ainsi buter sur certains problèmes car la solution, bien que simple, est
tout simplement interdite par notre conscience.
Je recherche donc des phénomènes de science physique qui constituent des analogies avec
les domaines de recherche humaniste qui m’intéressent. De cette similitude, je travaille à la
constitution de métaphores filées. Les questions qui en résultent n’ont pas toute la même
pertinence. Néanmoins, cela permet d’aboutir parfois à des conclusions nouvelles qui
n’auraient pas été possibles en restant dans le domaine initial d’études. J’ai ainsi l’espoir
d’accéder à de nouvelles formes de vérité qui ne m’auraient pas été accessibles autrement.
Aujourd’hui mon art se décline en plusieurs facettes. Je présente mes travaux dans de
grandes institutions telles que la Maison Européenne de Photographie en 2009, le Palais
de la découverte en 2010, les Alliances Françaises de Chine en 2011, et si le projet aboutit,
au Futuroscope pendant toute l’année 2012. Des ateliers de création sont réalisés en milieu
scolaire, à partir du collège jusqu’à l’école d’ingénieurs. Je tiens également conférence sur
ma méthodologie de création reposant sur le mélange de l’art et de la science que cela soit
en université ou en organisme de recherche.
La source de mon travail d’artiste transdisciplinaire vient donc de la superposition de mes
différentes compétences qui n’apparaissent pas, à priori, complémentaires. Mes oeuvres
gagnent ainsi en profondeur car elles peuvent être parcourues sous différents niveaux
de lecture : celui de l’art, de la science, de la photographie mais aussi de l’ingénierie, de
l’épistémologie et de la sociologie.
Quand l'eau accélère, chaque filet s'amincit. Lorsque celui-ci devient trop fin, la tension superficielle le sectionne en de multiples gouttelettes.