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territoires pélagiques




"PAYSAGE" dans la série intitulée "TERRITOIRE SILENCE "

format : 120 x 82,45 cm
technique : photographie tirée sur plexiglass



déambulation entre peintures, photographies, sons, installations … Entre Ciel – Météores – Abri – Silence et Paysage, cinq territoires formellement distincts, dont l’interaction plastique crée une unité à partir de la diversité.
... La réalisation de ce travail est issue d’un projet de recherche art et science* portant sur les rapports dynamiques que suscitent les éléments environnementaux sur le processus de création. Expérience qui m’a conduite à vivre seule durant un mois, sans intention précise, en disponibilité et porosité maximales, au cœur du paysage montagneux des Pyrénées Ariégeoises.

TERRITOIRES PELAGIQUES

Galerie Ecnanosèr – JARNAC - 3 septembre / 28 octobre 2010



Quelques Pensées Sauvages cueillies entre le 20/08/09 et le 18/09/09 Au cœur du massif ariégeois

21/08/09 : Trente jours dans une ancienne bergerie des Pyrénées Ariégeoises avec le Mont Valier pour seul compagnon – sans téléviseur, sans radio, sans téléphone, sans … 21 heures et aucun bruit ne me parvient, un silence plein de l’effervescence enfiévrée de mes chants intimes. 23/08/09 : Silence, Paysage, Météores, Abri, Ciel, milieux générateurs d’une dynamique intense et organisateurs d’une nouvelle géographie de l’esprit impulsant un désir d’élan, de concentration, de déploiement d’énergie vers une modification des modes de relation : CREER UN ESPACE PELAGIQUE. 25/08/09 : Pénétrer et être pénétrer par le paysage. Je fais ce que je fais sans choisir entièrement et s’il m’arrive d’avoir des velléités, je les condamne car elles sont contre nature et entravent la liberté de choix. Ce concept est difficile à manier au niveau personnel, peut-être est-il libre celui qui a conscience de son impermanence ; celui qui a une logique de l’instant et non de la durée, qui existe activement, qui dispose d’une densité d’être à tout moment jusqu’à l’endroit où la frontière individuelle semble s’estomper, plus question d’intérieur ni d’extérieur, un tout sans limite : une identité que nous pourrions construire nous-mêmes – RECREER LA SENSATION DE L’ETONNEMENT 26/08/09 : Partage : c’était l’été – maintenant c’est hier. 29/08/09 : Sur le chemin des crêtes une pierre s’est offerte.2/09/09 : PAYSAGE PRECIEUX – PAYSAGE SECRET. 07/09/09 : Ici l’incroyable silence blanc synthétise des forces complémentaires – ce paysage-là a du caractère, il nettoie les scories stagnantes - une réponse de la nature à l’urgence de vivre. 09/09/09 : A l’apex du Valier, la blancheur cotonneuse des nuages du sud. 10/09/09 : De douces rafales de vent de fin d’été, viennent lécher les feuilles de chênes – Connivence. 11/09/09 : La pensée voyage cachée, puis s’immisce dans les territoires les plus éloignés de l’imaginaire – secrètement // Malgré une « montagne » de données de toutes sortes, je n’ai pas encore réussi à trouver un axe spinal à cet ensemble de paramètres, axe qui devrait s’inscrire à l’intérieur d’une logique interne comme quelque chose de comparable à l’adaptation morphologique des êtres vivants à toute forme de milieux dépendants de mutations. 13/09/09 : Le vent d’est derrière moi éleva brusquement son souffle – sensation d’être suivie – Etrange. 14/09/09 : Tout est lié et mobile – une combinatoire par superposition de temps – accepter la fuite des instants. 15/09/09 : Le chiffre 5 exprime l’union des inégaux – paysage météores ciel abri silence – un champ d’émotions - murmure du vent – de la pluie – de l’orage - du vol de la dame blanche, un son indiciblement subtil et velouté. Patricia Proust-Labeyrie - Août 2010

« J’ai découvert que je n’ai plus besoin, comme autrefois, des montagnes et des paysages, des fleuves et des vallées. Un simple brin d’herbe restitue le tout, contient le tout. » Kathleen Raine - Interview, Le Monde, 1er janvier 1999

Patricia PROUST-LABEYRIE
TERRITOIRES PELAGIQUES
Galerie Ecnanosèr – JARNAC - 3 septembre / 28 octobre 2010


Césures & Plasticité
On voudrait nous faire croire
Que les césures n’existent pas.
Or, quelque magique
Que soit le règne du milieu,
Il n’en demeure pas moins le lieu
Singulier de deux moitiés
Dont l’une a été transmuée.


On voudrait nous faire croire
Que les césures n’existent pas,
Que toute ubiquité est vaine,
Alors que chacun n’est
Que scission d’un autre,
Appel contigu, émargée primaire.

On voudrait nous faire croire
En cet état transfuge,
Hors du champ de la pensée,
Or tout est plastique,
C’est dire ni ferme, ni césuré
Mais pris au saisir de la forme.

On voudrait nous faire croire
Que les césures n’existent pas,
Ni même les blancs ou les ajourés,
Alors que tout en ce monde
Est meuble, à la lisière du tiers,
Insoupçonné.

On voudrait nous faire croire.
Mais l’homme n’est qu’un sculpté,
Un champ inextricablement lié
De césures reines.


Marc-Williams Debono


Août 2010





exposition

voir le site
pjp.proust-labeyrie@wanadoo.fr


Transculture Rencontre : texte de el-j-ché écrit sur ce travail

*Projet art et science avalisé par le groupe de recherche PSA Plasticité-Science-Art - Paris) et mené en collaboration avec Marc-Williams Debono (neurobiologiste)

http://plasticites-sciences-arts.org