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Rencontre du 18 septembre entre el-J-Ché et Carol Shapiro



Le choc des chiquants.
Pistoles acérées, cout trop emballé,
Je passe la dague aux doigts.
L’argent et la larme se sont mariés
Pourtant je prêche toujours le vague aux lois.
Le Monet a fait vivre les nénuphars,
Le commandant couche-tôt a plongé dans le noir-bleu.
Je presse fortement la blague aux joies,
Je paresse posément le zig-zag en moi.
Tel Marsyas, je défie les Dieux,
Flûte bien notée, essoufflée de vivre tard.
La martingale a prédit mesdames messieurs,
Que mon pinceau de notes plantées,
Ecornerait leur empire, leur gloire.
Le choc des chiquants,
Mon tabac heurte leurs vis-âmes aux abois;
Le trac des non culpabilisant,
Ne m’enfume et prise du bout du nez leur odorat.

Ils m’envoient comme une lettre à riposte,
Que tout doit être digne, tout doit être émois.
Mais ils ne font que copier mes pensées.
Je jette ma bouteille à l’amour, avec ces mots qui les indisposent:
« Pourquoi donc cacher vos insignes,alors que tout doit être en soi »
Mais ils ne font que s’inspirer de nos passés.
… En conclusion,
Si les Dieux sont là, ils sont un cheveux sadiques.
Et s’ils n’existent pas, cela rendrait obsolètes mes suppliques.
De toutes manieres, je ne reste qu’agnostique,
Rêveur pessimiste, qui aimerait tant être dithyrambique,
Mais ne le peut pas.
Trop de questions plus éternelles que ceux, ceux qui ne descendent ici bas.
Je n’ai ni la, ni l’anti foi,
Je n’ai que mon chemin de choix.
Alors je fais avec.


El-J-Ché, 18 septembre 2010


texte en écho, par carol shapiro
A el- j-ché


Il y a toutes ces routes éperdues de sens, toujours contrarié. Toujours recommencé. Effluves de saisons qui ruissellent. Nous transforment. Choc des regards posés : le nénuphar raconte cent milles reflets. Pas identiques. Uniques.

Nuit terrible, violentée par le fracas des vagues, entendues toutes ensemble, sans le temps, sans la marée qui renouvelle et inverse les signes. Reflux ? Porte cochère juste éclairée par cette vague sensation d'une proche ouverture. D'un déploiement.

La nuit est porteuse de toutes ces rencontres de signes que le jour a déployé, que l'entente a rendu possible. Mais parfois l'ombre d'une croyance joue au doute et se génère. Se propulse. S'auto-prophétise.

Dans la nuit, les pensées conduisent des troupeaux de bêtes incrédules portées par l'attente de l'eau. Ruisselle. Encore. Elle recommence ses voyages entre nuages et océan. Dieux, rosée devenue orage dans la clarté d'un matin étonné ?

On ne demande rien, juste ce froissement, cette brise venue d'un coin de souvenir devenue présent, changé par cette interminable palabre qui nous conduit.

La parole donnée, entendue, libère ses forces telluriques. On marche alors dans une forêt humaine. On traverse le seuil de toutes ces frontières inutiles. On connaît le moment où le monde se dérobera pour délivrer sa nouvelle parole. Entre-deux. Vers là où on ne l'attendait pas.

La question continue son périple. Les interrogations poursuivent l'escalade. Les orgues jouent dans les églises. Les chants des mosquées vibrent. Et celui qui ne se demande rien n'entendra pas ce silence posé entre deux couplets. Cette clairière. Cette pause qui rend possible la nouvelle mesure. Celle qui marque le rythme. Celle qui ne dicte rien. Qui ne fait que se poser entre, pour que l'intelligible trouve sa voie, sa mélodie, son tranquille refrain qui ne résonne jamais pareil.




18 septembre 20 10 5 :18